Initiative citoyenne

Et si on pouvait bloquer les crédits pris en notre nom ?

Une case à cocher pour dire « je ne souhaite pas souscrire de crédit actuellement ». La Pologne l'a fait, les États-Unis aussi. En France, il ne manque qu'une loi d'un article, et un député pour la porter. Aidez-nous à la demander.

Le problème

Chaque année, environ 200 000 personnes se font usurper leur identité en France. Le scénario le plus destructeur est toujours le même : quelqu'un souscrit un crédit à la consommation avec vos papiers, et vous l'apprenez des mois plus tard par une relance d'impayé ou un fichage Banque de France. Vous voilà débiteur d'un contrat que vous n'avez jamais signé, et c'est à vous de le prouver.

Le matériau de ces fraudes est partout. Chaque dossier de location envoyé à un bailleur inconnu contient carte d'identité, avis d'imposition, fiches de paie. Le 13 août 2026, la DGFiP confirmait le piratage de son système d'information, plus de 678 000 lignes de données fiscales dans la nature. Six mois plus tôt, c'était le FICOBA, 1,2 million de comptes bancaires. Et l'IA générative n'a même plus besoin de fuites : des sites comme OnlyFake vendaient des pièces d'identité générées par IA à 15 dollars l'unité. Aucun contrôle de documents ne résistera à cette industrialisation.

200 000usurpations d'identité par an en France
678 000+lignes de données fiscales pillées à la DGFiP (août 2026)
4,5 Mde Polonais ont activé le blocage la première année
15 $le prix d'une fausse pièce d'identité générée par IA

La solution : le blocage volontaire

Avant tout crédit à la consommation, les banques consultent déjà obligatoirement le FICP, un fichier tenu par la Banque de France. La proposition tient en une phrase : permettre à chacun d'y inscrire, gratuitement et de façon réversible, son opposition à tout crédit conclu en son nom. Blocage en un clic via FranceConnect, levée en un clic le jour où vous avez un vrai projet. Si une banque accorde un crédit malgré le blocage, elle ne peut rien vous réclamer : ni capital, ni intérêts, ni frais.

Ce n'est pas une idée en l'air. La Pologne l'a déployée en novembre 2023 avec 4,5 millions d'inscrits en moins d'un an, et les banques y ont l'obligation légale de consulter le registre depuis juin 2024. Les États-Unis garantissent le « credit freeze » gratuit par la loi fédérale depuis 2018. Côté français, le coût se résume à un champ de plus dans une consultation qui existe déjà.

La proposition complète, les précédents chiffrés, les réponses aux objections et un projet d'article prêt à déposer tiennent dans une note de trois pages : télécharger la note (PDF).

Écrire à votre député, en trois étapes

Les questions écrites au Gouvernement ont déjà été posées trois fois, avec trois fois la même réponse : « le cadre existant suffit ». Ce qu'il faut maintenant, c'est un député qui dépose le texte. Et ce qui fait bouger un député, ce sont les courriers personnels de ses propres électeurs, pas les pétitions.

  1. Trouvez votre député

    Cherchez votre commune sur le site de l'Assemblée nationale. Son adresse email est sur sa fiche, presque toujours sous la forme prenom.nom@assemblee-nationale.fr.

  2. Écrivez un email personnel

    Partez du modèle ci-dessous, mais réécrivez-le avec vos mots : qui vous êtes, pourquoi ça vous concerne. Un attaché parlementaire reconnaît un copié-collé en deux secondes, et un message personnel d'un électeur de la circonscription pèse dix fois plus.

  3. Joignez la note

    Attachez le PDF de trois pages à votre message. Elle contient le projet d'article rédigé et son exposé sommaire : un texte prêt à déposer, c'est 80 % du travail fait pour l'équipe du député.

Le modèle

Les passages surlignés sont à remplacer par votre situation. Plus vous personnalisez, plus votre message compte.

Objet : Usurpation d'identité : une proposition concrète

Madame la Députée / Monsieur le Député,

[Présentez-vous en une ou deux phrases : qui vous êtes, où vous habitez dans la circonscription. C'est la partie la plus importante du message.]

Environ 200 000 personnes se font usurper leur identité chaque année en France, le plus souvent pour souscrire des crédits à la consommation en leur nom. La fuite des données de la DGFiP confirmée le 13 août 2026, quelques mois après celle du FICOBA, garantit que ce chiffre va grossir. Et l'IA générative permet désormais de fabriquer de faux justificatifs sans même voler de vrais documents.

Il existe une réponse simple, déjà en vigueur ailleurs. La Pologne permet depuis 2023 de bloquer son numéro d'identification en un clic, et les banques ont l'obligation de consulter ce registre avant tout crédit : 4,5 millions de Polonais l'ont activé la première année. Les États-Unis ont leur « credit freeze » gratuit depuis 2018. En France, il suffirait d'ajouter une mention volontaire au FICP, un fichier que les prêteurs consultent déjà obligatoirement avant chaque crédit à la consommation.

[Si vous avez une histoire personnelle — un dossier de location envoyé à un inconnu, une usurpation vécue par un proche — racontez-la ici avec vos mots. Sinon, supprimez ce paragraphe.]

Je vous joins une note de trois pages qui détaille la proposition, avec en annexe un projet d'article unique directement utilisable en proposition de loi ou en amendement. Le sujet a déjà été soulevé par questions écrites ; ce qui manque, c'est un parlementaire pour porter le texte.

Je me tiens à la disposition de votre équipe.

Respectueusement,

[Votre nom]
[Votre adresse]
[Votre téléphone]
Puis collez-le dans votre messagerie et faites-le vôtre.

Les objections courantes

« Le fichier positif a été censuré en 2014, ce sera pareil. »

Le registre national des crédits a été censuré parce qu'il fichait des millions d'emprunteurs à leur insu. Ici, l'inscription est purement volontaire, la donnée est un simple oui/non, effaçable à tout moment, et elle protège la personne inscrite elle-même. Aucun des griefs du Conseil constitutionnel ne s'applique.

« Les gens oublieront leur blocage au moment d'emprunter. »

Huit ans de recul américain et deux ans de recul polonais disent que non. La levée est instantanée depuis un téléphone : le client qui bute sur son propre blocage le lève en séance et sa demande repart. Quelques minutes de friction, contre des années de procédure pour une victime d'usurpation.

« Encore une charge pour les banques. »

La consultation du FICP est déjà obligatoire avant tout crédit conso. On ajoute une information à une requête existante. Et chaque fraude évitée épargne à la banque une créance irrécouvrable : la cour d'appel de Paris a débouté AXA Banque Financement en janvier 2026 précisément pour un crédit accordé à un usurpateur.

« Les vérifications d'identité existantes suffisent. »

C'est la réponse du Gouvernement aux trois questions écrites posées depuis 2023. Elle laissait déjà passer 200 000 usurpations par an ; depuis que l'IA générative fabrique de faux documents à la demande et que les fichiers de l'État eux-mêmes fuient, elle ne tient plus du tout.